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Samedi 4 juillet à 18 h 30

SOUS RÉSERVE

À MÉDITER

Par Martin Steffens, philosophe

Dans ces temps de tristes révélations sur les agissements de figures éminentes dans l’Église, en ces temps où la vérité blesse, le mot " déception", lui, ne nous décevra pas. Car si on l’entend bien, il embrasse toutes les dimensions de ce que nous vivons quand nous nous disons "déçus".

Il y a déception, en un sens d’abord ordinaire, quand une chose n’est pas à la hauteur de l’attente qu’elle avait par ailleurs suscitée. L’oeuvre d’un jeune réalisateur déçoit quand le premier de ses films promettait mieux. Un élève déçoit quand ses efforts ne sont pas ajustés à un talent qu’on sent partout mais qui ne s’exprime pleinement nulle part. La déception a pour cause le différentiel entre ce qui est et ce qui aurait pu être. Une telle déception se balaie d’un haussement d’épaules et se paie en retour par un "peut mieux faire".

Mais la déception est aussi, plus proprement, le sentiment de peine qui accompagne le constat que l’on a été trompé, abusé. C’est en tout cas le sens latin du mot. Dans ses Méditations métaphysiques, est nommé "deceptor" le malin génie, cet être "très puissant et très rusé" que Descartes invente pour parvenir à douter de tout : à supposer qu’on me trompe sans cesse, se demande-t-il, qu’est-ce qui reste vrai ? Décevoir signifie originellement "duper". Avoir déçu quelqu’un, c’est l’avoir trahi. Il ne s’agit plus d’un manque à gagner, d’un simple "peut mieux faire". C’est un mal criant dont la douleur dit : "Tu n’aurais pas dû me faire ça !".

Cette peine est d’autant plus forte que la confiance était grande. Découvrir que Jean Vanier n’était pas épargné par la duplicité, la faiblesse d’âme ni le mensonge, c’est, avouons-le, révoltant et un peu désespérant. Mais il y a un dernier sens de déception, qui permet peut-être d’en enrayer le mécanisme. "Déception" vient du latin de-cipio, littéralement "dé-prendre". La déception est une déprise. Non seulement parce qu’il faut faire le deuil de la belle image que l’on s’était faite de tel ou tel être. Mais parce que l’on comprend soudain qu’une déception n’est possible que là où il y a d’abord eu emprise. La déception ne libère pas qu’une juste colère. Comme dé-prise, elle libère aussi de la fascination que l’on exerce les uns sur les autres. Elle nous invite avec force à ne plus "s’y laisser prendre". Elle nous invite, non pas à ne plus jamais faire confiance (car la confiance véritable se fait dans la conscience que l’on a de la faiblesse de l’autre), mais à ne plus idolâtrer personne. François d’Assise avait sous sa bure quelques patates pourries qu’il réservait à ceux qui, le voyant passer, lançaient vers lui : "Voici le saint ! Il existe un art de décevoir l’autre qui libère l’un et l’autre, l’admiré et l’admirant, de l’emprise de la fascination. Saint Philippe Néri s’évertuait à faire rire de lui. Non seulement le ridicule ne tue pas, mais il permet à l’autre de respirer et d’exister. À un homme qui le couvrait de compliments, le curé d’Ars répondit : "Je vous remercie mais tout cela, voyez-vous, je le savais. Le diable me l’avait déjà dit".

Il faut apprendre à décevoir, et vite : à se déprendre, ensemble, des liens qui nous aliènent. Car c’est au prix d’une telle déprise que l’on pourra chérir l’oeuvre, en attendant de pardonner à l’homme.

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